Opportunités pour l’Investissement Français en Inde

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Écrit par : Roy Forney

En mars de cette année, le Président français Emmanuel Macron et le Premier Ministre indien Narendra Modi se sont engagé à augmenter les échanges commerciaux entre les deux pays pour les faire atteindre 17,29 milliards de dollar d’ici 2022.

En 2016-17, les échanges bilatéraux entre les deux pays ont atteint une valeur de 10,96 milliards de dollar, alors qu’en 2015-2016 ils étaient de 8,3 milliards de dollar.

Le dynamise de la relation Franco-Indienne résulte d’un partenariat économique important et de longue date.

La France est le 9ème investisseur étranger en Inde, et contribue environ 1,65% des influx totaux vers le pays. La plus grande proportion de ces investissements directs à l’étranger (IDE) sont effectué dans le secteur des services (19,3%), suivi par les produits de ciments et gypses (15,6%), la pharmaceutique (5,2%), la machinerie industrielle (5%) et la préparation alimentaire (5%).

Il est prévu que ces chiffres connaissent une croissance importante au cours des prochaines années grâce à la consolidation et l’extension des investissements actuels, et l’établissement de nouvelles entreprises françaises dans le pays.

Actuellement, il y a plus de 1000 entreprises françaises présentes à travers l’Inde. La plupart sont concentrées dans les grandes villes telles que Delhi, Mumbai, Pune, Bengaluru, Chennai, Hyderabad, Ahmedabad, et Kolkata.

En termes d’états, Maharashtra détient la plus grande concentration d’entreprises françaises (30%), suivi par Delhi (19%), Karnataka (15%) et Tamil Nadu (10%).

Ci-dessous, nous présentons les industries qui offrent le plus d’opportunités à l’investissement français en Inde.

Automobile

L’Inde est le deuxième marché automobile au monde, avec le potentiel de générer jusqu’à 300 milliards de dollar en revenu annuel d’ici 2026.

Le gouvernement indien encourage l’investissement étranger dans le secteur en permettant l’IDE à 100% dans ce secteur par la voie automatique. Le pays a ainsi attiré 18,4 milliards de dollar d’IDE dans l’industrie automobile au cours des 17 dernières années.

Le pays offre une base forte de fournisseurs, encourageant les entreprises automobiles internationales à l’exploiter pour leur approvisionnement mondial.

Les états au sommet de la production automobile sont Tamil Nadu, Maharastra, Haryana, et Delhi.

Le groupe français PSA, aussi connu sous le nom de Peugeot Citroën, a récemment signé un accord avec le gouvernement de Tamil Nadu pour établir un centre de recherche et de développement, ainsi qu’une usine, dans l’état. Le producteur assemblera des véhicules dans l’état en joint venture avec le groupe Indien CK Birla. Peugeot Citroën investira environ 107 millions de dollar pour manufacturer des véhicules et des motopropulseurs dans l’état, et compte produire 100 000 voitures par an.

Alstom aussi a gagné un projet important atteignant la valeur de 3,6 milliards de dollar pour construire 800 locomotives à Madhepura, en Bihar. D’autres acteurs français ont aussi mis en place des centres de production en Tamil Nadu. Ceci comprennent Renault, le producteur de pièces automobiles Valeo, et le producteur de pneumatiques Michelin.

Produits chimiques

Le secteur de l’industrie chimique est très diversifié et fournit des produits chimiques importants pour des produits finaux, tels les textiles, les peintures et vernis, le papier et le cuir. La valeur de l’industrie est actuellement estimée à 150 milliards de dollar, et devrait atteindre 300 milliards de dollar d’ici 2025.

Les facteurs clés poussant la réussite du secteur incluent la proximité de l’Inde à des marchés en croissance, l’amélioration de l’environnement des affaires, et le soutient continu du gouvernement indien. Pour encourager l’investissement dans le secteur, le Ministère des produits chimiques et pétrochimiques a mit en place quatre régions d’investissement destinées au secteur : Andhra Pradesh, Gujarat, Odisha, et Tamil Nadu.

Les incitations gouvernementales dans ce secteur incluent la mise à disposition de terrain adéquat, la dérégulation industrielle et la promotion d’IDE à 100%, des opportunités d’investissement par la voie partenariat publique-privé (PPP) et des consortiums avec des partenaires indiens, parmi d’autres. Plus d’incitations encore sont disponibles dans les zones économiques spéciales (ZES).

Le producteur chimique français Arkema opère actuellement cinq sites de production dans le pays – à Chennai, Gujarat, Mumbai et deux à Bengaluru. D’autres producteurs chimiques français opérant dans la région de Chennai sont ATC, Fiabila, et Charabot.

Pharmaceutique

L’Inde est le troisième producteur mondial de produits pharmaceutiques en termes de volume. L’industrie pharmaceutique du pays a atteint une croissance à double chiffre ces dernières années, et devrait atteindre 55 milliards de dollar d’ici 2020, en partant de 36,7 milliards de dollar en 2017.

Les bas coûts, une qualité de production relativement haute, et la conformité règlementaire sont à l’origine de cette croissance. Il y a aussi une augmentation de la demande locale grâce à l’amélioration de l’accès aux assurances, avec environ 650 millions de personnes couvertes d’ici 2020.

La multinationale française Sanofi a établi une présence importante dans le pays. Elle opère des centres de production à Goa et Chennai. D’autres compagnies pharmaceutiques françaises avec une présence en Inde incluent Boiron – un producteur homéopathique, et Bioderma.

Électronique

L’industrie électronique en Inde est en plein essor, et devrait atteindre 228 milliards de dollar, soit plus du double des 100 milliards de dollar enregistrés en 2016-2017. Cette projection est fondée sur une croissance de la base de consommateurs, des accords d’échange, des politiques gouvernementales et une pénétration accrue des biens de consommation durables.

L’intention du gouvernement indien d’utilisé la technologie pour augmenter l’efficacité de la provision des services publiques a ouvert de nombreuses opportunités aux entreprises pour développer et manufacturer des produits innovants à travers le pays. Les initiatives telles que Make in India et Digital India continuent à pousser le secteur vers l’avant.

Le développement de Parcs pour le matériel technologique électronique et les ZES ont créé un environnement favorable à l’IDE.

De nombreux manufacturiers électroniques français profitent déjà de ces avantages en Inde. Ils incluent, Crouzet, Gemalto, Safran, ST Microelecronics et Schneider Electric, qui opère sept usines dans le pays.

Services

Le secteur des services compte pour environ 60% du PIB du pays, et 17% des flux d’investissements étrangers.

Le secteur offre des opportunités d’investissement pour une panoplie d’activités, telles que l’informatique, l’hospitalité, le transport, les services financiers, l’immobilier et les services professionnels. Depuis la démonétisation lancée par le gouvernement en 2016, les services de payement numériques ont connu une forte croissance et ouvre les portes pour des investissements de grande envergure dans cette industrie.

C’est d’ailleurs le secteur des services qui attire le plus d’investissement français.

Les grandes banques françaises telles que la Société Générale, BNP Paribas, et le Crédit Agricole CIB opèrent au sein du pays. Igenico, et les fournisseurs de protection numérique Gemalto et Oberthur Technologies sont d’autres entreprises françaises dans les services présentes dans le pays.

Perspectives d’Investissement

L’environnement des affaires en Inde connaît des progrès importants. Dans l’Indice de la facilité à faire des affaires de la Banque mondiale, l’Inde arrive à la 100ème place en 2018, alors qu’elle se plaçait 130ème en 2017.

Ceci suit les efforts entrepris pour améliorer les problèmes systémiques et promouvoir l’investissement en simplifiant les procédures administratives liées au business et aux procédures de conformité. Certaines des reformes et initiatives prises sont l’implémentation d’une taxe sur les biens et services, le nouveau schéma de sorti et schéma de fusionnement accélérés, et un code de faillite et d’insolvabilité.

Toutefois, les réformes procédurales doivent encore atteindre l’intérieur du pays.

Les procédures administratives complexes, un manque de coordination entre les différents ministères gouvernementaux, et des blocages infrastructurels continuent à ralentir l’investissement dans de grandes parties du pays.

Pour les investisseurs impréparés, ceci peu les mener à faire face à des difficultés dans la gestion de leur opération ou pour compléter certaines tâches.

Pour naviguer les environnements administratifs et culturels différents, les entreprises étrangères à succès accentuent l’importance d’avoir des partenaires locaux fiables. Elles insistent aussi sur la nécessité de mener des recherches préinvestissement et une due-diligence appropriée, car chaque emplacement présente ses avantages et ses difficultés.

 

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